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8 trucs pour se passer de retouche photo

Faire des photomontages ? Pfff, pour quoi faire ? Pas besoin de logiciels de retouche photo pour créer des effets spéciaux moi ! Voici donc une liste de 8 trucs que vous pouvez réaliser sans passer par la case retouche photo…

De plus, comme vous allez pouvoir le constater, la grande majorité de ces effets ne nécessitent pas ou peu d’investissements pour pouvoir être réalisés.

Je précise également que la réalisation de plupart d’entre eux nécessitent d’avoir un appareil photo qui soit débrayable, c’est à dire avec les fameux modes manuels P, A, S, M.

Effet n° 1 : Mettre de la buée sur l’objectif


C’est le premier effet que j’ai appris à réaliser et j’avoue que je l’utilise encore de temps à autre (notamment pour les photos de paysages et de portraits). On arrive ainsi à créer une atmosphère avec des teintes pastels, peu contrastées et un flou du plus bel effet. Mais, ce que j’aime par dessus tout, c’est son coté irrégulier (la buée ne s’évacue pas de manière homogène sur la lentille frontale de l’objectif). On obtient au final des effets de flous impossibles à réaliser par voie numérique.

C’est bien évidemment l’effet le plus simple et le moins cher à mettre en oeuvre puisqu’il ne nécessite absolument aucun achat pour pouvoir être réalisé.

Comment procéder ?

  1. Faîtes la mise au point sur le sujet à photographier.
  2. Mettez de la buée sur la lentille frontale de votre objectif puis cadrez la photo.
  3. Attendez le moment opportun pour déclencher. Comme vous pourrez le constater, la buée s’évacue relativement rapidement. Vous aurez quand même le temps de prendre 3 photos : la première avec beaucoup de buée, la seconde avec un peu moins et bien sur la dernière avec juste un peu. Il suffit ensuite de faire son choix.

Il se peut que la buée perturbe l’autofocus de l’appareil. Si tel est le cas, faîtes la mise au point puis débrayez l’autofocus (position M).

Effet n° 2 : l’effet filé

Ce deuxième effet ne coûte absolument rien non plus. Il est très utilisé pour donner une impression de vitesse au sujet.

Le principe est le suivant : le photographe prend un sujet qui se déplace perpendiculairement à sa position et ce, pendant un temps de pose assez lent. En déplaçant l’appareil photo à la même vitesse que le sujet, celui-ci sera net alors que l’arrière plan aura lui ce fameux effet filé.

100 ISO – F 16 – 1/160 s – 135 mm

Comment procéder ?

  1. Positionnez vous de telle manière que le sujet à photographier soit perpendiculaire à vous lorsqu’il sera à votre niveau.
  2. Mettez vous en mode priorité vitesse (Tv ou S selon les appareils) puis choisissez une vitesse assez lente.
    Il m’est difficile ici de vous donner une valeur cible car tout va dépendre de la vitesse de votre sujet et de la focale utilisée. En effet, s’il s’agit d’une moto ou d’une voiture filant à vive allure, le temps de pose sera forcément plus rapide que s’il s’agit d’un cycliste. De la même manière, si vous zoomez fortement, l’effet filé sera plus important que si vous êtes en position grand-angle. C’est donc à vous d’intégrer ces paramètres et de faire des tests pour acquérir l’expérience nécessaire à la réalisation de ce genre d’image.
  3. Désactivez la stabilisation de l’objectif pour éviter à l’appareil de compenser le flou de bougé (vous risquez d’avoir au final un flou un peu bizarre…).
  4. Si votre appareil le permet, sélectionnez le collimateur autofocus sur lequel vous allez positionner le sujet mobile. Il n’y aura ainsi pas de surprises sur l’endroit ou se faît la mise au point. De la même manière sélectionnez le mode autofocus continu (AF-C, Ai Servo) pour avoir une mise au point continue sur le sujet.
  5. Cadrez votre photo puis appuyez à mi-course quand le sujet approche et qu’il est presque perpendiculaire à votre position.
  6. Appuyez à fond lorsque le sujet est en face de vous et continuez de le suivre pendant toute la durée de l’exposition.

Commencez par des temps de pose pas trop longs car il est probable que vos premières photos seront un peu floues. Ne vous découragez pas car une fois que vous aurez pris le coup de main, vous aurez beaucoup moins de déchets. Si vous avez l’habitude de photographier des sujets mobiles, commencez par mettre une vitesse deux fois moins rapide que pour les prises de vues habituelles.

Pour conclure sur cette technique, il faut savoir qu’il existe une variante de l’effet filé. C’est l’effet Coup de zoom. Le principe est le même sauf qu’au lieu de suivre le sujet pendant la prise de vue, vous allez zoomer rapidement juste après avoir appuyé sur le déclencheur. L’idéal étant dans ce cas, d’avoir un zoom à pompe.

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Effet n° 3 : la pose longue

100 ISO – f 20 – 10s

Ici, c’est exactement le contraire de l’effet filé. L’appareil ne suit plus le sujet pour que celui-ci soit net et l’arrière plan flou. Il est, à l’inverse, complètement immobile et c’est le sujet qui en bougeant va donc devenir flou sur la photo. Cette technique est utilisée notamment pour :

* Pour que ces effets soient probants, il faut réussir à avoir un temps de pose de plusieurs dizaines de secondes, ce qui est impossible en plein jour. Vous aurez beau mettre une petite ouverture et une faible sensibilité, vous aurez toujours trop de lumière. L’astuce consiste donc à visser un filtre sur l’objectif. Ce filtre se comporte comme les verres de vos lunettes de soleil à savoir qu’il permet de diminuer la quantité de lumière qui va traverser l’objectif. On peut ainsi, grâce à cette astuce, augmenter le temps de pose.

Ces filtres sont appelés filtres ND (Neutral Density ou Densité Neutre en Frenchy) et il existe plusieurs gradients. A chaque fois que l’on change de gradient, la quantité de lumière est divisée par 2. Ca commence donc à NDx2 (2 fois moins de lumière), puis NDx4 (4 fois moins de lumière) … jusqu’à NDx1000 (1024 fois moins de lumière).

Si vous voulez faire des poses de plusieurs secondes en plein jour, il vous faudra un filtre très opacifiant, c’est à dire un NDx400 ou NDx1000.

Si vous êtes indécis, optez pour un filtre ND variable. Vous aurez ainsi une solution « tout en un ». La qualité est un peu en dessous des filtres fixes mais ça vous permettra de bien vous familiariser avec les gradients et de vous essayer à faire pleins de choses…

Comment procéder ?

  1. Choisissez la sensibilité ISO la plus faible que votre appareil puisse vous donner (généralement 100 ou 200 ISO) puis mettez-le en mode priorité vitesse (Tv ou S selon les modèles). Sélectionnez un temps de pose très lent (plusieurs secondes). Sachez tout de même que plus votre vitesse sera lente, plus l’ouverture sera petite et que plus la qualité de la photo se détériorera.
  2. Posez votre appareil sur un trépied puis faîtes votre cadrage et la mise au point.
  3. Mettez le retardateur. Si vous avez un réflex, vous pouvez même en allant dans les réglages avancés activer le verrouillage du miroir. Vous vous affranchirez ainsi du risque de vibration lorsque le miroir se lève.
  4. Appuyez à fond pour prendre votre photo.

Si vous utilisez un filtre ND, procédez comme suit :

  1. Choisissez la sensibilité ISO la plus faible que votre appareil puisse vous donner (généralement 100 ou 200 ISO) puis mettez-le en mode priorité vitesse (Tv ou S selon les modèles) en veillant à mettre une vitesse assez lente.
  2. Posez votre appareil sur un trépied puis faîtes votre cadrage et la mise au point.
  3. Appuyez à mi-course sur le déclencheur pour connaître les valeurs de vitesse et d’ouverture.
  4. Vissez le filtre ND sur votre objectif.
  5. Mettez vous en mode M puis indiquez la sensibilité ISO (toujours la plus basse possible), la valeur d’ouverture que vous avez relevé au point 1 et le nouveau temps d’exposition que vous venez de calculer. Si par exemple, l’appareil vous indique 1/200 s sans le filtre et que vous avez un filtre ND1000, vous aurez alors un temps de pose 1000 fois plus long soit 1/200 x 1000 = 5 secondes.
  6. Avec un filtre ND400 ou 1000, mettez vous en mise au point manuelle (le manque de lumière empêche le système autofocus de fonctionner). Ceux qui ont un objectif haut de gamme seront avantagés car l’échelle des distances est indiquée sur le fût de l’objectif.
  7. Mettez le retardateur et si votre appareil le permet, activez le verrouillage du miroir.
  8. Appuyez à fond pour prendre votre photo.

Effet n° 4 : le light painting

Cette technique est dérivée de la pose longue. On va profiter du temps de pose de plusieurs secondes pour dessiner ou écrire à l’aide d’une source de lumière (lampe torche, néon, portable etc…). Cet effet ayant déjà fait l’objet d’un article, je vous invite à aller directement sur cette page.

Effet n° 5 : le camera tossing

Si vous avez un vieil appareil qui ne sert plus, alors celui-ci sera parfait pour le camera tossing.

Le principe consiste à jeter votre appareil dans les airs, à le récupérer 😉 , et à voir le résultat obtenu (ça aussi, j’en ai déjà parlé…).

Copyright Mike Larson

Effet n° 6 : la perspective forcée

Vous avez vu la trilogie du Seigneurs des Anneaux ou du Hobbit ? A votre avis, comment Peter Jackson et son équipe ont réussi à rendre les hobbits si petits à coté des humains ou des elfes ? Tout simplement en jouant sur la perspective.

Le principe est le suivant : avec deux sujets espacés d’une certaine distance, le premier, c’est à dire celui situé en avant plan, paraîtra plus grand que le second en arrière plan.

Je suis sur que c’est un effet que vous avez tous fait un jour ou l’autre : empêcher la tour de Pise de tomber ou encore mettre votre doigt sur le sommet de la tour Eiffel. Sans tomber dans les clichés du parfait touriste, il est ainsi possible de vous transformer en Gulliver sans avoir à faire la moindre opération de retouche photo.

Copyright Laurent Laveder

Comment procéder ?

  1. Positionnez un premier sujet au premier plan et un autre au second plan.
  2. N’hésitez pas à être assez loin du sujet présent au premier plan et à utiliser votre zoom. Les perspectives seront ainsi comprimées et on aura vraiment l’impression que les deux sujets sont côte à côte.
  3. Mettez vous en mode priorité ouverture (A ou Av selon les appareils) puis choisissez une valeur assez élevée (f 11). C’est important car à pleine ouverture et avec un appareil à grand capteur, vous aurez un flou d’arrière plan important, ce qui aura pour effet de rendre le sujet positionné au second plan flou.
  4. Cadrez et prenez la photo.

Effet n° 7 : le bokeh étoilé

Vous êtes vous déjà demandé pourquoi les points de lumière présents dans les flous d’arrière plan sont de forme ronde ? Tout simplement parce que les lamelles qui composent le diaphragme de votre objectif génèrent un trou de forme ronde. C’est d’ailleurs l’un des points à étudier lorsque l’on (j’en parle dans mon livre gratuit).

Si le trou par lequel passe la lumière n’est plus rond mais par exemple sous la forme d’une étoile et bien vous aurez des points de lumière en forme d’étoiles. C’est exactement ce que vous allez faire dans ce petit atelier bricolage…

Comment procéder ?

  1. Commencez par prendre une feuille de papier cartonnée (et opaque bien entendu).
  2. Sortez votre compas puis faîtes un cercle correspondant au diamètre de la face avant de votre objectif.
  3. Dessinez une forme au centre de votre cercle puis découpez-la.
  4. Positionnez et fixez votre « filtre » ainsi créé à l’avant de votre objectif.
  5. Mettez vous en mode priorité ouverture (A ou Av selon les appareils) puis sélectionnez une grande ouverture (f 2,8).
  6. Prenez vos photos avec un sujet positionné devant une source de lumière.

Il faut savoir que la taille de la forme est déterminante pour réussir ce genre d’effet. Si celle-ci est trop grande, vous aurez une photo du style « prise par le trou de la serrure » avec de belles arrêtes noires sur les côtés. Pour connaître la taille maximale de la forme, divisez la focale de votre objectif par 2. Donc par exemple, si vous avez un 50 mm, le trou devra faire 25 mm au maximum.

Si vous utilisez un logiciel de retouche photo qui gère les calques, vous pouvez tout à fait dessiner une forme puis la placer au centre d’un cercle. Vous n’aurez plus alors qu’à imprimer le tout et découper la forme en question.  C’est d’ailleurs ce que j’ai fait pour illustrer cet article (zut !, j’avais dit sans logiciel de retouche …)

La forme est imprimée, il ne reste plus qu’à la découper. Pour le papier cartonné, et bien je n’avais que du violet sous la main !

Si vous avez besoin d’un diamètre 55, c’est cadeau, vous pouvez le télécharger ici.

Effet n° 8 : l’objectif inversé

Ce n’est pas vraiment un effet spécial en tant que tel et c’est d’ailleurs pour cette raison que je termine avec cette technique. Mais il aurait été dommage de ne pas en parler.

Le principe est le suivant : il suffit de mettre son objectif à l’envers et de le fixer via une bague d’adaptation sur son boitier. Cette astuce  permet ainsi de transformer un objectif standard en un objectif macro. Bien entendu, la qualité n’est pas au niveau d’un objectif macro mais pour une dizaine d’euros, vous pourrez vous amuser à moindre coût.

Copyright Holger Hill

Voici donc par exemple les bagues correspondantes pour des objectifs 50 mm f 1,8 :

Bague d’inversion macro 52mm pour NIKON
Bague d’inversion macro 52mm pour CANON

Comment procéder ?

  1. Appuyez à mi course sur le déclencheur pour connaître les paramètres de prise de vue (vitesse et ouverture) car, une fois l’objectif à l’envers, la cellule de mesure de la lumière ne fonctionnera pas.
  2. Démontez l’objectif de votre appareil.
  3. Vissez la bague d’adaptation puis montez l’objectif à l’envers sur votre boitier.
  4. Mettez vous en mode manuel (M) puis mettez les valeurs notées au point 1.
  5. Cadrez. Le système autofocus étant inopérant, la mise au point s’effectue en avançant ou reculant.
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