Apprenez à retoucher vos photos...

A partir du moment ou vous retouchez une image au format Raw sur l’un des logiciels de retouche photo édité par Adobe (Photoshop, Photoshop Elements et Lightroom), vous avez affaire à Adobe Camera Raw (ACR). Pourquoi un nouveau logiciel, comment fonctionne t-il ? C’est ce que nous allons voir dans cet article.

Article modifié le 09/11/2016

Préambule : pour une question de commodité linguistique, l’appellation Raw regroupe ici les images délivrées par nos appareils photo numériques au format Raw mais aussi les images au format DNG. Si vous ne connaissez pas ce format de fichier, je vous recommande de lire l’article qui présente le format DNG avant de poursuivre la lecture de celui-ci.

1. Pourquoi Camera Raw ?

Ce chapitre est un peu comme une sorte d’introduction, mais il est selon moi nécessaire de faire le point sur les différences fondamentales qui existent entre ACR et les trois autres logiciels de retouche photo de chez Adobe.

Quand Photoshop est sorti il y a 25 ans, nous n’avions pas encore d’appareil photo numérique (APN). La plupart des images retouchées par ce logiciel étaient donc issues d’un scan qui sortait des fichiers image au format TIFF ou JPEG.

Photoshop (PS) est ce que l’on appelle un éditeur de bitmap, c’est à dire qu’il est capable de modifier les pixels qui composent une image numérique.

Les images au format Raw que délivrent les APN ne sont pas des images bitmap et, de ce fait, elles ne peuvent pas être lues ou modifiées par Photoshop (aucun éditeur de bitmap quel qu’il soit, n’en est d’ailleurs capable).

Adobe a donc du concevoir un système pour pouvoir lire et modifier les images au format Raw. La solution imaginée par le célèbre éditeur de logiciel, c’est bien entendu Camera Raw.

Cette solution n’est pas un énième logiciel à proprement parler. C’est plus un plugin, une extension qui vient se greffer au logiciel hôte (les deux Photoshop). Vous ne trouverez donc pas cette application à la vente, elle est de ce fait systématiquement inclue dans les deux Photoshop.

Donc, dès lors que vous ouvrez une image au format Raw ou DNG dans PS ou PSE (Fichier/Ouvrir…), c’est forcément ACR qui va apparaître à l’écran.

Et Lightroom dans tout ça ? Et bien pour lui, pas de problèmes puisque ce logiciel est ce que l’on appelle un dérawtiseur. Il a été conçu pour lire et retoucher les fichiers Raw. Et devinez sur quoi repose ce logiciel ? sur Camera Raw pardi !!!

2. Principe de fonctionnement de Camera Raw

J’en parle ici rapidement vu que les métadonnées XMP ont déjà fait l’objet d’un article sur ce blog.

Comme précisé plus haut, un fichier Raw ne peut pas être modifié. Les modifications apportées à l’image ne sont donc pas enregistrées dans l’image elle-même comme avec les autres formats de fichiers (JPEG, TIFF, etc…) mais dans un fichier de quelques Ko, généré par ACR puis annexé à la photo. Ce fichier, qualifié de fichier chariot, porte l’extension XMP.

XMP

Cela veut donc dire que si j’ouvre un fichier Raw et que, par exemple, je converti l’image en noir et blanc, la version couleur est toujours présente. Ce qui fait que la photo apparaît en noir et blanc n’est en fait qu’une ligne de code stockée dans le fichier en .XMP et lue par ACR.

Et si jamais vous revenez à la version couleur à postériori, ACR se contentera de supprimer la ligne de code dans le .XMP qui dit « eh coco, affiche cette image en noir et blanc ! ».

ACR est donc une application basée sur la retouche non destructive. C’est aussi une solution très souple car elle se positionne au centre du processus de retouche des images au format Raw.

Une image retouchée dans Lightroom retrouvera donc l’intégralité de ses réglages dans ACR et vice versa (normal car, comme je l’ai dit plus haut, c’est le même moteur de retouche pour les deux logiciels).

3. Existe t-il plusieurs Adobe Camera Raw ?

Oui, de la même manière qu’il existe deux Photoshop, il existe deux versions de Camera Raw : une complète pour ceux qui ont Photoshop, et une autre avec moins d’options de retouche pour les possesseurs de Photoshop Elements. Par contre, sachez qu’une image retouchée dans Lightroom ou Photoshop s’affichera avec toutes ses retouches et mêmes celles qui ne sont pas présentes dans ACR pour Photoshop Elements. J’en déduis donc que les deux ACR ne sont pas si éloignés que cela et qu’il ne s’agit probablement que d’options masquées pour la version de Photoshop Elements.

Sachez également qu’ACR est mis à jour très régulièrement. C’est on ne peut plus normal, pour deux raisons :

  • De nouveaux appareils arrivent sans cesse sur le marché et ACR doit être capable de lire l’ensemble des fichiers Raw qui existent sur le marché (à de rares exceptions près).
  • De nouveaux outils de retouches et nouvelles fonctions sont régulièrement apportées pour le rendre de plus en plus performant.

Pour information, à l’heure à laquelle j’écris ces lignes, on en est à la version 9.7. Pour savoir si vous avez la dernière version à jour, ouvrez votre Photoshop et allez dans Aide/Mises à jour…

4. Présentation d’Adobe Camera Raw

L’interface est sobre et se présente de la manière suivante :

Les quelques outils de retouche sont situés en haut d’écran (balance des blancs, recadrage, yeux rouges etc…). Sur la droite, on retrouve les curseurs, classés par catégorie (réglages de base, courbe des tonalités, virage partiel, etc…) permettant de modifier l’image qui apparaît au centre de l’écran. La différence avec les deux Photoshop est frappante. Ici, pas de pile de calques, de menus, de fenêtres qui apparaissent, d’outils et d’icônes en tous genre… Bref, c’est plus clair quoi !

Les possesseurs de Lightroom constateront bien entendu que les curseurs présents dans ACR, leur classement ainsi que les outils sont strictement identiques à ce qui existe dans le module Développement (vous savez pourquoi maintenant).

La retouche justement…, c’est aussi ce que j’aime avec ce type de logiciel : c’est bien plus simple à comprendre que le principe des calques. On bouge un curseur et on voit tout de suite l’effet induit par le réglage que l’on vient d’appliquer à l’image. On peut difficilement faire plus simple…

Une fois l’optimisation de l’image terminée, on clique sur le bouton Terminer (en bas d’écran) et ACR se ferme. L’enregistrement des données dans le fichier XMP est automatique et s’effectue en temps réel (ACR est dépourvu de la fonction Fichier/Enregistrer).

Pour continuer le travail de retouche dans Photoshop il suffit de cliquer sur Ouvrir une image (en bas à droite). ACR se ferme, une image bitmap est générée et c’est alors Photoshop qui prend le relai. Une fois le travail de retouche terminé, il faut alors choisir le format de fichier pour conserver les modifications apportées à l’image (JPEG, TIFF, PSD, PNG etc…). Au final, on se retrouve avec deux fichiers de la même prise de vue  : celui au format Raw + son annexe en .xmp et le fichier en mode Bitmap.

Au chapitre des regrets…

La version d’ACR de Photoshop Elements comporte bien peu de réglages et est bien maigre face à celle qui existe pour Photoshop. Les curseurs permettant par exemple de créer du noir et blanc auraient été les bienvenus.

Conclusion

La solution trouvée par Adobe pour traiter les Raw a fait ses preuves et est utilisée par un nombre croissant d’utilisateurs. Bien sur, ce système basé sur la retouche non destructive n’est pas seulement utilisé par Adobe. De nombreux autres logiciels fonctionnent sur ce principe (DxO Optics Pro, RawTherapee, Photo, Capture One etc…). Pour une liste plus complète des logiciels concernés, je vous invite à vous rendre sur ma petite classification des logiciels de retouche photo.

Si vous avez commencé votre apprentissage de la retouche photo avec l’un des deux Photoshop, les modifications apportées par ACR sur les fichiers Raw ne seront pas perdues et apparaitront automatiquement sur vos images le jour ou vous vous mettrez à Lightroom.

Si vous avez commencé votre apprentissage de la retouche photo avec Lightroom, vos images apparaitront avec toutes ses modifications apportées par Lightroom dès lors que vous voudrez fignoler le travail de retouche avec l’un des deux Photoshop.

Sachez enfin qu’ACR ne sert pas qu’à retoucher les images au format Raw. Il peut également être utilisé pour retoucher des images dans les autres formats (JPEG, TIFF, etc…). Par contre, dans ce cas, il n’y a pas de mini-fichier en .xmp (les données sont tout simplement encapsulées dans le fichier image).

Si vous avez Photoshop Elements à partir de la version 12, allez dans Fichier/Ouvrir dans Camera Raw puis choisissez tout simplement l’image à modifier. Les modifications apportées à l’image seront ainsi intégrées sous forme de données XMP, ce qui vous permettra de bénéficier des mêmes avantages que pour les fichiers Raw.

Si vous avez Photoshop, vous pourrez même utiliser ACR comme un filtre dynamique via le menu Filtre/Filtre Camera Raw… (à condition d’avoir au moins la version CS6). Un double clic sur le calque comportant le filtre en question et vous basculerez automatiquement dans ACR pour pouvoir, le cas échéant, modifier les réglages précédemment apportés.

Ces autres articles parlent aussi de : Données Exif Format raw Lightroom Photoshop Elements